Mes activités au quotidien

  • Conseillère régionale d'Aquitaine,
  • Députée Suppléante de Noël Mamère et
  • Membre du Parti Socialiste

mardi 10 novembre 2009

Histoire Cocasse.
Hier soir, à l’inauguration du Home âge, rue Bouquière à Bordeaux, j’ai été enfermée à clefs dans l’arrière cour. Bon, il y avait une baie vitrée depuis laquelle je pouvais suivre cette manifestation… Si je n’avais pas tambouriné sur la baie de façon bruyante et si des personnes dans l’assistance n’avaient pas signifié qu’il fallait me laisser entrer, j’aurais assisté aux prises de paroles comme un animal de foire ;-) Et je vous donne en mille qui m’a enfermé, notre cher Maire de Bordeaux et son conseiller !!! Le fin mot de cette histoire ? Je n’ai même pas pu prendre la parole comme il avait été prévu entre le Cabinet de la Région et le directeur de l’association parce qu’il ne me l’a pas donnée. Incroyable non ?

Et comme j'avais prévu mon discours je le partage donc avec vous!!

Monsieur le Maire de Bordeaux,
Monsieur le Directeur,
Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureuse d’être parmi vous à l’occasion de l'inauguration de l'espace migrants âgés "Hom'âge" espace qui sera également destiné à accueillir et accompagner les Anciens Combattants d'Afrique résidant à Bordeaux.

Heureuse, car, dans le cadre du plan régional de prévention et de lutte contre les discriminations adopté en mars 2006, le Conseil régional d’Aquitaine s’est engagé pour l’accompagnement des anciens combattants étrangers des ex-colonies françaises qui subissent une discrimination intolérable.

Ainsi, quand un ancien combattant français perçoit environ 600 euros, un ancien combattant sénégalais touche 159 euros. Le sang versé pour la patrie d'alors vaudrait-il plus cher selon que l'on est aujourd'hui français, marocain ou sénégalais ?
Cette situation inique s’accompagne d’un système tout aussi pervers qui conduit à des drames humains intolérables. Faute de pension militaire décente, des milliers de personnes âgées ont émigré au début des années 1990 pour bénéficier de minima sociaux auxquels ils pouvaient prétendre dans la mesure où la Loi Pasqua leur donnait droit à une carte de séjour en tant qu’anciens combattants. C’est pour pouvoir faire vivre leur famille que paradoxalement ils les ont quittées et se sont retrouvés en France sans accueil adapté, isolés, clochardisés, et ignorés de tous. Ils mènent aujourd’hui leur dernier combat pour que la République leur reconnaisse les mêmes droits que leurs compagnons d’armes français.
L’attitude de la République à l’égard de ceux qui se sont battus pour elle n’est pas digne des valeurs qu’elle prétend porter. C’est pourquoi le Conseil régional, son Président et moi-même sommes fortement mobilisés pour mettre fin à cette discrimination reconnue en 2006 par la HALDE. Une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale par Alain ROUSSET en tant que député. Il demande au Gouvernement de généraliser la décristallisation des pensions militaires de retraites, et de permettre aux anciens combattants de les percevoir quel que soit leur lieu de résidence. Elle doit pouvoir rassembler au-delà des clivages politiques dans la mesure où c’est l’honneur de la nation qui est en cause. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître ces hommes qui ont servi la France. Il s’agit d’assumer l’Histoire et de réparer une injustice qui dure depuis 50 ans.

Au delà de ce combat pour modifier la loi, la Région soutient l’action menée par la coordination bordelaise "Décristallisation" qui s’attache à accompagner juridiquement la forte population d’anciens combattants de l’agglomération bordelaise. Ce soutien s’est concrétisé par l’organisation d’une journée d’information et d’orientation à l’attention de ces anciens combattants à l’Hôtel de Région et la diffusion du guide "coordination décristallisation à Bordeaux". La coordination a, par la suite, saisi le Tribunal Administratif sur le cas de 60 "indigènes". Le Tribunal lui a partiellement donné raison puisqu’il a jugé que les pensions militaires accordées aux anciens combattants originaires du Maghreb devaient être alignées sur celle des combattants français.

Un autre problème, urgent à régler compte tenu de leur âge, est cependant apparu en écoutant les témoignages des anciens combattants, celui de leur condition de logement très précaire. Ainsi est né l’idée de répondre à ce besoin en proposant une "maison relais" sur l’emplacement de l’ancien Lycée des Menuts. 25 logements vont ainsi être aménagés au 1er étage pour des anciens combattants étrangers. Le rez de chaussée sera utilisé pour en faire un espace de mémoire destiné à transmettre l’histoire de ces anciens combattants aux nouvelles générations.

Comprenez-donc ma joie de voir d’autres institutions se préoccuper également de ce problème et mon souhait de leur affirmer tout mon soutien et celui du Conseil régional d’Aquitaine.

Monsieur le directeur sait d’ailleurs combien l’association qu’il dirige peut compter sur le soutien de notre collectivité.

Vous menez, depuis une vingtaine d’années, des activités de médiation interculturelle et d’accès à la citoyenneté qui participent à la lutte contre les discriminations. Par ce travail indispensable que vous réalisez au quotidien, vous œuvrez en faveur d’une conception de l’identité inclusive et intégratrice qu’il me plaît de souligner.

Comme vous le savez, la Région agit lui aussi contre les discriminations à travers notamment :
-la création de la commission régionale de lutte contre les discriminations, que j’évoquais tout à l’heure, lieu d’échanges, de concertations et de propositions sur les politiques de lutte contre les discriminations.
-la mise en place du CV anonyme dans ses recrutements internes. Nous sommes pionniers dans ce domaine et là encore je suis heureuse d’entendre ici ou là que l’on voudrait suivre notre expérience.
-l’appel à projets "lutte contre les discriminations dans le domaine de la Formation professionnelle et l’apprentissage"…

Bonne chance, donc, et longue vie, à ce nouvel espace, lieu ô combien utile et nécessaire par les temps qui courent pour promouvoir les valeurs d’intégration, de respect, d’accueil, d’écoute et de compréhension de l’autre.

Je vous remercie.

4 commentaires:

Famille a dit…

L'identité nationale. Mais quelle identité? La France, en tant que Pays, est de création relativement récente. Les invasions, les occupations, les découpages et redécoupages en ont fait ce qu'elle est aujourd'hui. Que ceux qui peuvent dire aujourd'hui qu'ils sont français "pur jus" lèvent la main.
En fait, la population française est un mélange d'ethnies depuis des siècles. Indo-européens,germains, romains, arabo-andalous etc...
Il n'y a que l'extrème droite (UMP comprise) qui se fait la prosélyte de la thèse aryennes de sinistre mémoire.
Alors que voulez-vous, un maire de Bordeaux a peur de laisser la parole à Naïma. Vous n'y pensez pas, une petite beurette prendre la parole.
Ma chère Naïma, tu es bien aimable lorsque tu qualifies d'histoire cocasse ton aventure.
Si je puis me permettre de donner un conseil à M. Juppé...tout d'abord qu'il s'excuse publiquement. Ensuite qu'il fasse attention à un petit bout de femme (c'est affectueux)dont l'histoire et le parcours méritent le respect. Elle est pugnace Naïma.

Marc Dupuy, un citoyen du monde.

http://famillenounouneff.blog.lemonde.fr/ a dit…

bravo et courage!

Anonyme a dit…

merci pour intiresny Dieu

Salvadorali a dit…

Salam

Parmi les titres de Une de ma messagerie aujourd'hui, cette info concernant votre indignation à l'égard de l'attitude de M. Mamère qui s'obstine à vous instrumentaliser au titre de votre prétendue "identité" musulmane.
Le blog que j'anime aux côtés d'un collectif de passionnés d'information alternative fait une large place aux questions identitaires en général et au "débat" récemment ouvert en France en particulier.
J'ai donc évidemment envisagé de vous consacrer un billet.
Croyez en ma considération.
Bonne continuation
;-)